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 Réveil agité, esprit torturé. [Solo] [Terminé]

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MessageSujet: Réveil agité, esprit torturé. [Solo] [Terminé]   Dim 5 Déc - 10:15

Illusion illusoire, puissance impuissante, un avenir incertain, un passé trouble. Rien de sûr, rien de vrai, rien n'empêche l'impossible, s'il existe une prière suffisamment puissante pour exaucer ce souhait.

Existence infinie, infini néant, l'on ne sait rien et l'on croit tout savoir. Abominable orgueil, interminable vie, pourquoi tant de malheurs abattus sur de si petits êtres? Lutter contre un adversaire invisible, être dominé sans savoir qui nous oppresse, tant d'injustices, tant d'inégalités, et l'on vit, avec ce poids qui nous écrase, qui nous étouffe, sans savoir quel est ce fardeau innommable.


Yoinu, seul dans sa chambre, les yeux clos, était étalé de tout son long sur le matelas d'un blanc immaculé que l'on lui avait donné à son arrivée, deux longues années auparavant. Interminable attente, d'un temps qui ne s'arrête pas, constamment regretter? Non, le jeune homme n'avait aucun regret, aucun remord. Il savait maintenant, distinguer ces sourires maudits, affichés par l'homme contre lui-même. Intenable souffrance, causée par ceux que l'on aime et que l'on désire ne jamais quitter. Le petit mafieux n'avait jamais comprit, la vraie illusion, celle du cœur, avec laquelle l'on piège perpétuellement, hideuse nature qui entache de sang ses entrailles, dépeçant l'être humain de tout cœur et de toute compassion. Était-ce seulement la réalité? Ou n'était-ce qu'une autre illusion?

Yoinu perdait ses moyens, celui-ci ne contrôlait rien, pourquoi n'avait-il pas été capable de déceler en ces sourires encourageants, les cœurs saignants? Oui, cela avait fait mal, très mal de les abandonner, et eux aussi avaient soufferts de l'abandonner. Son ancienne famille. Tout avait été décidé, et rien n'avait pu être changé. Ils avaient sacrifié beaucoup en le laissant partir, et en effet, cela avait porté ses fruits, les capacités de l'illusionniste croissaient de manière prodigieuse, jusqu'à un certain point.

Malheureusement, le prestidigitateur sentait sa limite, oppressante proximité, stressante ignorance. Il passait son temps à étudier, assouvir une curiosité toujours plus grande, boire sans cesse l'infinité des connaissances que l'on lui servait. Et pourtant, malgré la réalité, avec les lois en tout genre, rien ne se réalisait? Impuissance, imperméable à ses efforts, horreur et désespoir, peur de décevoir : Rien allait, tout en lui se contredisait, hésitation et passion s'entremêlaient et l'étreignaient dans une force terrifiante qui emportait tout. Cependant, tout restait immobile, ses illusions restaient les mêmes. Toujours aussi faibles et inutiles.

Deux années, l'eau avait coulé, et l'accueil chaleureux restait le même, chaque matin, l'ambiance ne changeait pas. Tout lui réchauffait le corps et le cœur, et pourtant, le jeune homme gardait ce vide, cette sensation au fond de lui d'avoir failli, d'avoir trahi. Non, il ne réussissait pas à s'élever encore plus haut. L'adolescent se torturait psychologiquement à chercher une solution inexistante! Dans un sens dans l'autre, avec effort, sans effort, en se concentrant, en se laissant aller, peu importe ce que l'escamoteur pouvait bien essayer, rien ne remplissait à merveille ses attentes.

Désespérant désespoir, divine lumière qui s'estompe. Pourquoi tant d'efforts à cultiver une terre infertile? L'espoir tuera l'homme, le trahissant et frappant sans prévenir. On ne sait quel sort nous réserve un destin bien malin. Yoinu voulait échapper à cette spirale infernale, mais ne savait comment faire. Il avait cru tant savoir, et finalement, rien ne semblait réel. Tout n'est qu'illusion, une gigantesque supercherie dans laquelle l'on se trompe et l'on se perd.

Désormais, le poulain servait une nouvelle cause, à grand regret, elle paraissait lui être insurmontable. N'arrivant pas à abandonner, le mafioso continuait de chercher désespérément une solution. Que voulait-il? Que cherchait-il? Quel but poursuivait-il? Le garçon n'en savait rien. Ce dernier voulait aider les gens, les faire sourire, contempler leurs visages rayonnants en écoutant la douce mélodie de leurs rires résonnant au plus profond de son être. Ou pas? Qu'en savait-il? Que prétendait-il? La capacité de discerner les illusions était une chose, les créer en était une autre, et percevoir la vérité, encore une autre.

Yoinu se leva et alla à la fenêtre, l'ouvrit d'un coup, laissant le vent entrer. La douce brise lui caressait le visage, quelques picotements, et la fraîcheur mêlée à l'humidité matinale. Il sentait ses mains sur le bord boisé de la fenêtre, l'odeur nacrée du sel marin, et les rayons matinaux du soleil frappant avec une force impressionnante son visage, tout engourdi de la soudaine fraîcheur. Le jeune homme se sentait bien ainsi, dans cette douce mélodie orchestrée par les feuilles au gré du vent, ce vent lui-même qui semblait désirer soulever le prestidigitateur. Des ailes poussaient à cet ange venu des Cieux, un bonheur, une félicité infinie l'envahit, ce vent le fouettait et il ne pensait plus, celui-ci sentait sans sentir. Il lui semblait que ces plumes dans son dos, se faisaient arracher par le vent, qui tourbillonnait avec force dans la pièce. Tout semblait si facile, ses plumes illusoires ne perturbaient nullement l'environnement, ce n'était aucunement de véritables illusions, mais le garçon s'en fichait. A quoi bon faire de véritables illusions, pour de véritables souffrances? Il sentait tout échapper, et ne s'en souciait guère, les plumes voletaient avec fureur, et l'âme libre et en paix, Yoinu se récitait. Il se rappelait chaque phrase, chaque vers, chaque mot, chaque syllabe, chaque son. Tous hantaient son esprit depuis un mois maintenant, il en finissait exaspéré, il fallait s'en débarrasser, il les jetterait hors de sa pensée, il ne voulait plus les entendre le perturber.

L'illusionniste avait grandit depuis le temps, le doux enfant impuissant devait maintenant devenir l'adolescent de ses illusions. Il voulait chasser les maux de la Terre, noble cause aussi impossible que véritable? Que distinguer d'illusion si même ses objectifs en sont? Désirait-il vraiment sauver le monde? Non, beaucoup plus simple, le jeune poulain ne voulait voir que des rires et sourire jalonner les visages. C'est pourquoi il se devait d'atteindre l'excellence, même s'il s'avérait que cela fut impossible, impossible n'existe pas en matière d'illusion. Les vers se récitaient dans sa tête, inlassablement.


Nouvelle prédiction pour un triste présage
Effrayant mirage, reflétant les carnages
Dus aux hommes qui plongent dans le désespoir,
Et qui se condamnent à ne plus jamais voir.

De vérité on ne connait plus les valeurs,
On ne fait que suivre le fil de nos erreurs,
Immonde immondice, façonnée pour tuer,
Les animaux lâchés, le cheval va ruer.

Les Chiens aboient et les Loups hurlent, les Colombes
Volent, les Hommes continuent les Hécatombes,
Tant de guerres sanglante, si peu de répit
Malgré toute les prières, que du dépit.

L'illusion traversera les générations,
Leur transmettant ainsi toute la passion,
Poulain, sa volonté transcendant les Cieux,
Il s'armera d'une des sept flammes de Dieux.

Nouveau virage, nouvelle réalité,
Et sa volonté, malgré sa dualité,
Pourra alors franchir les nouvelles barrières,
Faire de sa brume, une pierre, par sa prière.


Les mots résonnent dans son cœur d'enfant, Yoinu n'avait jamais été si désespéré, ou peut-être ne l'était-il pas vraiment? Le jeune mafioso ne savait plus à quoi se fier, incapable de discerner le vrai du faux, hésitant sur ses propres sentiments, que devait-il faire? Sa volonté chavirait à chaque tentative tellement le doute s'imposait avec allégresse à lui. Contradiction extrême entre un être tendant à deux buts opposés, trouver la vérité et rendre des sourires. Il avait besoin de ces illusions, puissances terrifiantes capable de piéger les plus aguerris. Cette créature, des plus chétives parmi les hommes, disposait d'un potentiel incroyable pour tromper. Cependant, difficile de savoir jusqu'où cela pourrait aller. Ses capacités semblaient entravées par Dieu seul sait quoi, en tout cas, cela restait un mystère pour le poète. Un mois, et rien n'avait changé, sa prédiction semblait avoir été faussée par sa lecture, et quoi de plus normal? Quand on ne sait pas quelque chose, il est plus facile de l'omettre, mais savoir qu'il réussirait à maîtriser de plus puissantes illusions, peut-être n'avait-il pas fait un élément indispensable? Ou peut-être avait-il fait une chose qu'il ne fallait pas? Le doute et le doute et encore le doute, jamais cet harcèlement constant ne le lâchait, tenu en laisse par un poème!

Malgré ses doutes, malgré ses peurs, Yoinu ne renonçait pas, l'espoir animait son esprit, irrémédiablement, il avançait dans un chemin sans retour. Et pourtant, il s'élevait, son esprit s'élevait à la manière d'un ange, et les plumes illusoires voletaient avec d'autant plus de fureur que l'illusionniste libérait toute son âme. Ces ailes, cet envol, il les recherchait avec une telle frénésie, et depuis si longtemps, tant et si bien que celui-ci ne savait plus, des jours? Des semaines? Des mois? Des années? Impossible à dire, tellement son être réclamait cette terrifiante ascension vers ce nouveau palier d'existence, ardemment, il réclamait la puissance des Cieux, une puissance capable de distribuer ces sourires et rires que l'on chérit tant. Malgré toute ses prières intérieures, les Cieux restaient muets. Pourquoi? Pourquoi n'avait-il pas le droit à cette réponse? Pourquoi n'avait-il plus le droit à ce pouvoir? Le jeune homme n'avait rien fait de mal, juste utilisé ce que la nature lui avait confié, et sans s'en rendre compte, perturbé son avenir. Mais était-ce un crime suffisamment grand pour lui refuser son élévation? Non, que la Terre et le Ciel se liguent contre lui s'ils le désiraient, le poulain transcenderait tous les obstacles jusqu'à atteindre les étoiles, il volerait toujours plus haut, avec ses ailes illusoires, elles n'existaient peut-être pas dans ce monde, mais dans son cœur, elles existaient, elles le supportaient, elles l'élevaient dans les Cieux. Cette force mystique qui dépassait l'entendement et bouillonnait dans son corps. Les portes tremblaient, mais refusaient de céder, hideuses portes de l'enfer scellant son pouvoir! Yoinu les voyait, il les touchait même, poussant de toutes ses forces, hurlant de tout son être, mais elles ne s'ouvraient pas, monstre colossal clos après tout ses efforts, terreur et horreur de l'impuissance. Ce devait-être un échec, et le plus cuisant parmi tout ceux que le garçon eût essuyé jusqu'à présent.

Peu à peu, le vent perdit de sa puissance, peu à peu, les plumes tombèrent inertes sur le sol, et le cœur serré, la gorge nouée par un lien invisible de regret si intense que cela faisait si mal. Le jeune homme voulait pleurer, pleurer et s'excuser pour son échec, abominable abomination, il perdait sa puissance, ou plutôt, il ne l'avait jamais eu, restant comme toujours un frêle enfant, qui a toujours refusé de devenir adolescent, inconsciemment. Si dure, si crue était cette vérité que l'on lui imposait : la volonté ne suffit pas à atteindre la puissance. Il essayait désespérément d'à nouveau concentrer son esprit, de ne pas perdre le contrôle de l'illusion, mais rien à faire, il chutait, et d'autant plus haut qu'il avait réussit à s'élever. L'Ange refusait cette chute du plus profond de son être, mais les plumes tombaient, les unes après les autres sur ce sol de réalisme. Il n'arriverait pas à récupérer le contrôle.

Ce qui est perdu une fois, est perdu à jamais, il n'y a pas d'exception, telle est la règle. L'escamoteur avait échoué et perdu son illusion. Ouvrant les yeux et soupirant, il se laissa aveugler par ce doux soleil et sourit. En fin de compte, peut-être n'avait-il pas besoin d'illusions? Peut-être devait-il contempler les choses telles qu'elles étaient. S'il devait y avoir une morale à cette échec, pour le moins cuisant, alors il pensait avoir trouvé une réponse. L'allégresse des petits moineaux piaillant pour leur repas, le détendit. Le prestidigitateur respira profondément et se retourna vers le reste de sa chambre. Les plumes jonchaient le sol, il contempla l'œuvre de son triste échec, non sans amertume : « Illusion. » Un seul mot, une seule révélation. Les plumes le guidaient à travers cette épaisse brume. Oui, une intuition bien heureuse, il réalisait maintenant, que tout ceci n'était que pure illusion, fantasme effrayant d'un esprit effrayé. Yoinu comprenait avec bien de la peine, que tout ceci n'avait jamais été, il n'avait jamais échoué, même si sa réussite n'était pas non plus assurée. Le décor commença à se perturber, les objets se transformant lentement en plume, qui s'envolait, lentement dans la pièce. Yoinu, allongé dans son lit, ouvrit lentement les yeux. À sa droite, sa fenêtre, et lui-même, debout le visage au vent, et tout autour de lui, les plumes voletaient avec encore plus de fureur.

Illusion? Vraie illusion ou fausse illusion?
Tel est le mystère, et telle est la question,
Discerner le mythe de la réalité,
Un lourd défi à relever pour s'élever.

Enterrer les doutes, les erreurs et les peurs,
Se livrer, se délivrer, pour ouvrir son cœur,
Tomber est nécessaire pour se relever,
Si on ne touche le sol, on ne peut sauter.

S'il faut plus que de la volonté pour gravir,
Cette montagne qui ne cesse de ternir,
Tous les espoirs de tous les martyres.

Obtenir, chérir, finir avec ce pouvoir,
Parce qu'il faut sourire et rire pour y croire,
On n'obtient rien sans aucune lueur d'Espoir.


Dernière édition par Yoinu Wando le Jeu 9 Déc - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Réveil agité, esprit torturé. [Solo] [Terminé]   Mar 7 Déc - 6:05

Seul, dans cette vaste pièce, blanche des plumes qui continuaient de voler en tout sens. Par-ci, par-là, quelques tâches d'un bois vernis, et les traits dorées d'une pièce richement décorée. Son corps tout reposé, dans cette chaleur, refusait de bouger. Il se sentait bien ainsi, couché, blotti dans ses draps. Yoinu ne craignait rien ici, recroquevillé dans cette pièce, l'impression que le monde en restait à la porte et à la fenêtre. Personne. Personne pour perturber cet instant, fragile idylle qui flottait, atmosphère téméraire, osant s'imposer comme unique vérité. L'illusionniste les contemplait, les admirait, étrange symbole de liberté et de félicité. Ses yeux, au regard vide, se laissaient aller à cette vision bien-heureuse, où toutes les vérités étaient erronées. Son frêle corps et ses frêles mains, serraient de leurs possibles sa couverture, vision invisible de l'illusion de sa sécurité dans ce monde de tous les dangers.

L'Ange n'avait plus le choix, peut-être refuser la réalité lui apporterait un quelconque réconfort, mais les sourires seraient de ces mensonges qu'il haïssait tant. Ce silence, si profond, en devînt stressant. Anormale anomalie, contraste mystérieux. Cette sécurité qu'il se proclamait le chagrinait. Seul, la vie ne mérite pas d'être vécu. Le jeune homme regardait défiler devant lui tout ces visages, tous ces inconnus, illustres normalités, paradoxe de la solitude, il se sentit pleinement entouré. Trahi par son cœur, il désirait revoir ces visages, les toucher, les étirer, leur sécher les larmes. Mais pour cela, il devait se lever, affronter ce froid, cette réalité, ces pleurs, ces horreurs. Une âme forte et faible à la fois, insupportant les malheurs, et luttant contre eux. Faisant face aux erreurs et aux peurs, l'adolescent refusait de tout son être d'abandonner son but.

D'un geste souple et vif, il chassa le fin drap de l'habituel blanc immaculé qui le recouvrait. Les plumes s'estompèrent dans la pièce, disparaissant en douces lucioles. D'un mouvement rapide et précis, il enfila la première manche d'une chemise blanche. Alors que le jeune homme enfilait la seconde manche, quelqu'un frappa à la porte. Trois coups distincts qui résonnèrent comme des coups de fusil. Avec un regard mélangeant curiosité et surprise, et enfilant rapidement le pantalon de son smoking pour être un tant soit peu présentable, il se dirigea vers la porte, à moitié habillé, à moitié déshabillé. Il faisait face à une armoire à glace, chose qui l'aurait sans doute apeuré, si le visage ne lui était pas familier. Un Cavalonne, membre imminent, ou pas? Peu importe, aucun sourire, aucune expression, par là, aucun sentiment?

Maintenant que le prestidigitateur y portait attention, le colosse avait monopolisé son attention alors qu'une personne plus chétive, et plus souriante se trouvait à ses côtés. Une peau douce, et blanche, une teinte légèrement rosée vers ses pommettes, de beaux et grands yeux d'un bleu profond, et des cheveux blonds, tombant en cascade sur ses épaules. Le contraste ombre et lumière, terre et ciel, réalité et illusion, n'avait jamais eu une aussi grande signification pour le jeune homme. Il commença à boutonner sa chemise, en marmonnant une phrase incompréhensible qui devait signifier « Bonjour. ». Ils restèrent ainsi, quelques instants, la femme restant sur place, un peu surexcitée semblait attendre que Yoinu finisse de se préparer. Il enfila rapidement la veste et noua une cravate noire autour de son cou. Cela faisait une étrange impression de voir ainsi un adolescent sur son trente-et-un. Malgré cette étrange impression, la plus petite du duo qui se présentait à lui, se décida à entamer la conversation.

« Bonjour, Yoinu! J'ai pas trop le temps de papoter aujourd'hui, en fait, je viens de la part de Romario avant de vaquer à mes propres occupations.

- Ah? Fit le garçon, surprit de l'annonce. Qu'est-ce qu'il se passe?

- Rien de spécial, le train-train habituel, mais Romario voulait que je te donne ceci. »

La magnifique jeune femme sortit d'une de ses poches un petit anneau, apparemment peu de choses de spéciales malgré les petites pierres indigos qui le jonchaient.

« Voilà, Romario a dit que tu devrais pouvoir t'en servir maintenant, même si ce n'est pas un anneau surpuissant, Rang C apparemment. Bon c'est pas tout, mais faut que j'aille au casino, il y aurait un problème. Salut! »

Ils partirent aussi vite qu'ils furent arrivés, laissant le garçon seul, l'objet au creux de la main, entouré par les lignes d'un destin incertain. S'asseyant tranquillement sur une chaise, l'adolescent la fit tourner entre ses doigts, il admirait la finesse de sa courbure, hésitant à la mettre autour de son doigt. Pourquoi? Et pourquoi pas? Un anneau capable de donner une véritable puissance, n'était-ce pas ce qu'il désirait le plus après tout?

Hésitante hésitation, délirant délire, il s'arrêtait. A chaque seconde, où l'intention de mettre l'anneau à son doigt lui venait, Yoinu renonçait. Un pouvoir pour lui donner l'occasion de devenir plus puissant, il y avait de quoi être intéressé. Alors pourquoi tant de retenue? N'acceptait-il pas ce pouvoir servit sur un plateau? Une lutte inintéressante.

Douce attirance, terrible tentation,
D'utiliser un pouvoir pour sa passion,
Un criminel coupable d'hésitation,
Et l'homme reste un être de compassion.

Peux-tu lire en l'avenir, et clamer
Ta peur et ta détresse, sans hésiter?
Les doutes se perdent, il faut se dresser,
Une nouvelle volonté pour tout briser.

Faites attention, car au-dehors le sol glisse,
Sous tes pas, et sous le toile que tu tisse,
Pour pouvoir monter, il faut que tu te hisse.

Poulain du nom, il s'étalera aux Cieux,
Ni orgueil, ni prétention, ni être preux,
Ne peut aider quiconque à ouvrir les Yeux.


Résister ou ne pas résister. Tôt ou tard, Yoinu devrait utiliser ce pouvoir, cet anneau qui lui rappellerait à chaque instant, à quoi bon résister à un pouvoir incontournable? Contemplant l'anneau, des images lui venaient, des flammes, des blessés, des morts : combien de victime pour ce futile objet à lui seul? Des dizaines? Des centaines? Peut-être même des milliers? Comment compter, comment chiffrer? Un mal invisible à l'œil dénudé? Voulait-il endosser le poids de toutes ces personnes, et de toutes celles à venir? Ou bien, le problème fut-il ailleurs?

La vie va et vient, on le perd comme on le gagne, pure coïncidence, triste malheur. Finalement peu de gain pour de lourds sacrifices, l'on donne, l'on souffre, nous le rend-t-on? Qu'obtient-on à se sacrifier? Les pensées traversaient l'anneau, et revenait étrangement en réponse. Que devait penser le gamin qui l'écoutait? Cet être chétif qui ne connaissait que peu de choses. Il ne savait pas à quel point le vie pouvait être miséreuse, malgré cela, savait-il à quel point elle pouvait être heureuse? Connaissait-il ce soupçon, ce piment qu'on ne trouvait qu'en vivant? Ce minuscule petit diamant, caché au fond de sa mine, qui a nécessité sueur force et courage au mineur pour le déterrer. Une petite pierre, si ridicule, et si précieuse. Comme la vie, il ne faut lâcher cette boue qui nous salie que lorsque l'on en a extrait tout ce qu'elle avait. Ne pas renoncer, toujours combattre, se rebeller? Non, la paix, ce fut là ce qu'il désirait, et ce que l'anneau promit.

Promesse irréelle, mensonge inconcevable. Absurdité parmi l'absurde, comme si l'on pouvait y croire, errer constamment, troublé, dans ses pensées. Se poser à chaque embranchement et se demander quel voie l'on doit emprunter. Difficile d'accepter que l'on peut se tromper, surtout quand, sans cesse, une main nous tire pour nous guider. Ce fil de vie qui nous promet le meilleur, comme cet anneau qui pour le gamin était gage de malheurs. Pourtant il en avait rêvé si souvent, de cet instant, qu'on lui donne enfin, une chance de prouver qu'il avait le pouvoir nécessaire à aider. Admettre une défaite? Refuser une victoire? Trop facile peut-être, trop étrange, ou peut-être simplement, trop orgueilleux. Ses illusions étaient siennes, personne ne devait interférer avec elle mis à part lui. Cet anneau voulait s'immiscer. Même si son but ne fut que de canaliser, Yoinu se sentait coupable de l'accepter, coupable d'accepter une défaite, de refuser sa victoire. Deux attitudes, deux envies, l'un mettre à son doigt et asservir cette puissance, l'autre le craindre et la rejeter.

Contraction constante d'un esprit peu enclin à ce destin. Il cherchait au fond de lui une réponse : était-ce bien? Avait-il le droit au nom du plus grand bien? Certes, non. Un sacrifice, même minime ne lui serait pas accordé. Inconsciemment, l'adolescent l'avait accepté, cette réalité, où il ne pourrait rien protéger. Sachant parfaitement que sans cet anneau, lui, n'arriverait à rien. Ses illusions, chef-d'œuvre de son art ne pourrait berner longtemps tous ceux qu'il croiserait. Changer de robe à sa guise, changer celle des autres pour les aider, pour les sauver, pour pouvoir plus longtemps, plus souvent voir leurs rires et leurs sourires. Malgré tout, on ne peut se garantir assez de volonté pour y subsister. Il en désirait, ardemment, de cette volonté qui soulève les flammes et embrase les cœurs, ce désir qui protège même s'il peut tuer.

A cet instant, vide de pensées, l'escamoteur laissait son esprit errer. Poétique dés-harmonie, cachée, masquée sous un fond d'ironie. La vie, sa signification, devait-on accorder la moindre valeur à une chose si éphémère? Alors que ces sourires, et ses rires qui lui revenait sans cesse, eux avait une signification, une réalité. Meurt-on un jour? Ne vit-on pas toujours? Dans le cœur de ses gens à qui nous donnons, dans l'histoire que nous marquons, dans les flammes que nous animons?


Triste message,
Bruyant Orage,
Tournons la Page,
Aucun rivage!

Et condamnés,
Tous à errer,
Qui peut oser,
Se démarquer?

Vie insensée,
Âme vidée,
Corps décharné,
Ayez pitié!

Vas-tu laisser?
Abandonner?
C'est prohibé,
Sans volonté.

Je désire, désirer : sensualité.
Je choisi de choisir, sans hésiter.
Pouvoir montrer ma volonté,
Sous les Cieux l'étaler.

Il nous faut un cœur pour pouvoir penser,
Et un corps pour pouvoir bouger,
Un pouvoir pour sauver :
Ma Volonté.

Il faut parfois savoir crier,
Pour enfin s'affirmer,
Ne pas lutter.
Pitié.


Un trait caché tellement il est affiché, trait qui rappelle à tous son humanité, lorsque l'on plonge ses yeux dans les yeux, à l'intérieur des autres, lorsque l'on voit, par soi-même, la souffrance de ceux qui nous entourent. Cœur hésitant, amour si peu probant. L'on va, l'on vient, au fil de nos idées, mais l'on reste allongé, immobile, presque sans sourciller, simplement en train de fixer, ce point dans notre esprit, qui reste et nous laisse languir à son gré. Quand peut-on en toute quiétude, s'affirmer et apporter à ceux qui nous entoure, sans l'ombre d'une hésitation. Homme, animal sociale, créature de passion, qui ne déchaîne qu'à la condition où, par pure coïncidence, bienfait et méfait s'assemble. Souffrance bénéfique, torture pour une cause juste.

Quoi? Que pouvait-il faire? Trop jeune, trop innocent, trop ignorant! Allumer une flamme, un brasier qui pourrait tout incendier? Inconscience! Insouciance! Yoinu avait peur, peur de ce pouvoir incontrôlable, peur du peu de bien pour un grand mal qu'il pouvait causer. Avoir foi. En quoi? En soi? Plaisanter de la sorte, quelle futilité! Oui, l'illusionniste possédait un des plus grands potentiels existant. Oui, le nombre de personne capable de ce qu'il pouvait faire, semblait se compter sur les deux mains. Cependant, rien ne lui garantissait le succès. Un cœur d'Ange, qui refusait tout risque, tout danger. On ne peut tout avoir, le bonheur, le gloire et le pouvoir. A chaque chose acquise, on doit offrir un bien en retour, principe de l'échange équivalent, pour un sourire, il faut que quelqu'un ait à pleurer. Dure et insupportable réalité, à laquelle tous veulent échapper. Spirale infernal, de l'homme, sur l'homme, cage aux allures de mirages, bien décidé, à nous regarder nous torturer.

Et le prestidigitateur planté là, assis et tournant le seul objet capable d'assouvir ses désirs. Que devrait-il donner, afin de pouvoir l'utiliser? Pureté, honnêteté? Il refusait de les céder. Un brin de rationalité, un soupçon de fidélité et le tour est joué? A grand gain, lourd sacrifice. Qui paierait, et quel serait le supplice? Un homme innocent, femme, vieillard, enfant. Qui mérite pareil châtiment, pour l'orgueil et le bien d'une minorité, se retrouver à nu, et dépossédé. Parce que la vie, va et vient, jamais on ne connaît son destin. Yoinu le savait mieux que quiconque, que cette horloge immonde, chaque jour de chaque moi lui jouait des tours, et qu'elle en avait en retour. Il connaissait l'avenir, qui aussitôt disparaissait, étrange flou, étrange lueur, éclairant son chemin, le guidant vers le meilleur destin. Il suivait le cours de sa vie, et c'est là qu'il comprit : Ce qu'on lui donne ici, est le sacrifice d'un futur, un endroit merveilleux jamais connu. Pour utiliser cet anneau, il devait renoncer, à cet avenir qui s'estompait, à travers poèmes et rimes.


Triste destinée, d'un art si peu pratiqué,
Un dû, une note, un poème, soit un sacrifice,
Anormale sentence, il faut un supplice,
Pour un anneau enflammé, un don prohibé.

Tout se croise, tout se décroise, destiné
A ne jamais se révéler, se dévoiler,
On ne peut qu'admirer le terrifiant courage,
Nécessaire à faire face à tout ces mirages.

Que l'on marche, que l'on trotte, ou que l'on cours,
L'on veut vivre pleinement sans avoir recours,
A ces machinations, et à ces longs détours.

Pour brûler, comme ces astres, de milles feux
Qui chaque nuit, parsème les Cieux,
Seule la volonté, nul besoin d'être pieux.

Maintenant, le jeune homme comprenait. On ne peut pas tout sauver, mais l'important semblait être d'aider ceux que l'on croise, d'apporter autant que l'on peut à ceux que l'on peut voir. Un malheur, ne peut jamais être ignoré, pour une personne aidée, un sourire gagné. L'objet tournait entre ses doigts, long et fins. Endosser la responsabilité du port de cet anneau? Si Yoinu décidait de l'utiliser pour faire le bien, quel besoin d'endosser les crimes passés? Mais désirer le bien ne permettait pas d'être par nature bon. Qui souhaite le mal quand on peut faire bien? Nulle personne ne le fait gratuitement, vengeance, désir profondément humain, l'anneau tournait, et il décida de la glisser à son annulaire droit.


Dernière édition par Yoinu Wando le Jeu 9 Déc - 18:59, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Réveil agité, esprit torturé. [Solo] [Terminé]   Jeu 9 Déc - 12:32

Le trésor se retrouvait dorénavant attaché à son corps. Yoinu n'avait pu lutter contre un fait, un épisode de sa destinée. A l'heure où il y pensait, son choix était fait. Désormais, l'adolescent souhaitait arborer, à partir de cet instant, avec une immense fierté, la preuve de sa totale irréalité. Anneau d'une Brume épaisse, masquant sa vraie nature et protégeant ce qui lui est cher. Une histoire écrite depuis des millénaires, arrivant à son époque pour enfin se dévoiler, la volonté doit embrasser l'avenir, et combler d'illusions un monde déjà corrompu. Rien de plus, rien de moins malgré cette décoration, il restait le même, ne ressentant aucun changement, jusqu'à se demander ce qu'on pouvait trouver à un objet si minuscule. Une telle petitesse, et pourtant, la grandeur d'un pouvoir sommeillant. Le non-ressenti de la différence venait pour lui d'un fait simple : il n'acquérait aucun nouveau pouvoir, juste un catalyseur, pour contrôler et dévoiler son propre potentiel. Enfin digne, aux yeux de tous pour atteindre le niveau d'utiliser un anneau.

Ayant beau le porter, l'arborer, le mafioso ne comptait pas l'utiliser. Pas maintenant du moins. Sa volonté n'avait pas flanché, bien au contraire, cependant, il appréhendait quelque peu, il fallait bien admettre qu'on ne reçoit pas tous les jours un cadeau si précieux, et dangereux. A cet instant, simplement la porter, semblait lui assurer paix et prospérité, avec l'impression qu'en cas de besoin, ses illusions, plus puissantes que jamais, l'épauleraient. La confiance, peu de prudence, un hymne qui ne cesse de s'imposer, alors que, au-delà de des apparences, il se méfiait, et attendait. Jamais l'illusionniste n'accepterait de se perdre dans cette brume qu'il créait et côtoyait.

Une baiser, si facilement rejeté, une image, si facilement modifié, une existence, qui défie toute rationalité. Les années passent, de l'eau coule sous les ponts, et pourtant la réalité reste dure à accepter. Tomber, couler, s'effondrer, s'enfoncer dans cette horreur avec ces armes meurtrières, créées pou détruire la Terre, et tout ce qu'il peut y avoir de bon dans l'homme. L'anneau, était là pour ça, une de ces armes horrifiantes. Mais l'utiliser contre ces créateurs, contre ceux qui désiraient asservir ce pouvoir pour le malheurs, les pleurs, était ce que le jeune homme désirait. Sur tous les différents anneaux existant, celui que ce dernier possédait, avait la plus faible puissance brute. Il l'avait comprit bien longtemps avant, que cette puissance visait psychologiquement et avec espièglerie l'adversaire, au détriment d'une puissance de frappe impressionnante. La brume ne se levait que pour cacher la famille de ses ennemies. Bien évidemment, le prestidigitateur se rendait bien compte que son anneau était un des plus faibles, et comparé aux éléments de la Trinisette, ou au Hell Ring, sa puissance avait une signification ridicule. Seulement, maîtriser des anneaux si puissant nécessitait un grand pouvoir, ce fut la raison pour laquelle il respectait profondément ceux qui les portaient.

Yoinu marchait tranquillement, et inconsciemment, faisait les cents pas dans sa chambre, comme hypnotisé par l'anneau qu'il ne cessait d'observer, et de tourner à son annulaire droit. Sans doute peu de doutes se cachaient en son cœur, simple curiosité, insatiable avidité qui tue les hommes. Le désir d'utiliser ce pouvoir qu'il s'interdisait lui-même. Une torture? Non, ce n'était pas l'impression que cela lui laissait. Il ne se sentait pas tiraillé moralement, convaincu que cela ne changerait pas les fondements de ses objectifs. Ce qui, bien évidemment, serait le cas. La pureté de son âme le lui garantissait. Le garçon avait beau ne pas souhaiter que du bien, tant qu'il luttait pour un sourire, il faisait un bien. Après restait l'éternelle question : Un moindre bien pour un plus grand mal, ou un grand bien pour un moindre mal? Nous ne savons pas, nous ne savons jamais, les conséquences que nos actes avaient. Indécise indécision, l'on renonce quand l'on se sent incapable. Il ne renonçait pas, mais restait malgré tout indécis. Utiliser se pouvoir de manière excessive et futile aurait certainement des conséquences sur son physique, fatigue ou autre. Mais ne devait-il pas tenter de le maîtriser?

Cet anneau, venait de lui être confié, Yoinu ignorait comment s'en servir. Enfin, en théorie, il savait tout ce qu'il y avait à savoir, mais étant donné que ce serait une première fois, une légère angoisse trônait au sein de son être. Toujours cette impatience stressante, qui envahit un cœur soumit pour la première fois à une épreuve qui deviendrait coutume.

Peut-être, un peu d'air lui ferait du bien. Mais où, et pourquoi faire? Simplement se balader? Quelle drôle d'idée. L'adolescent soupira, las de son indécision. Il franchit la porte et commença à errer dans les rues de Rome. Défilant au hasard, changeant de rues sans y penser, il finit par arriver dans un endroit sans intérêt. Il s'ennuyait, et cette boule vers son cœur l'oppressait. Marchant, et commençant lentement à se réveiller, le mafieux sentit l'air qui se réchauffait à l'ombre de l'allée d'arbres, la délicieuse odeur portée par le vent, parfin de vignes, d'oliviers, et de fleurs. La mélodie de goûts, de couleurs, symphonie de sensations et d'impressions. Il soupirait, inspirait profondément et expirait, ainsi, l'opération se répétait, chaque fois engrangeant plus de sensations, son nez, ses yeux, ses oreilles, se gavaient de cette réalité. Tout lui paraissait si pur et si doux, si tranquille et si prenant.

Rester là, sans bouger, sans parler, juste écouter, respirer, et expirer. Entendre ses oiseaux qui chantent, les passants qui marchent, leurs discussions, leurs rires, les voitures rouler, les feuilles tomber, les gens courir, chuter, pleurer, les couples crier, se disputer. Une telle frénésie, de tels maux inscrits, au plus profond d'eux! Mais que foutaient-ils tous ici?! Perturber ce calme, perturber sa concentration! Comment se détendre, comment s'écarter ne serait-ce qu'une seconde de ces cris qui percent les oreilles? Comment échapper à ses injures qui fusent à tout va dans chaque vie? Comment fuir la colère et la misère? Une telle absurdité, quelle ineptie! Pourquoi se disputer? Pourquoi se frapper et se blesser? Tous savent pertinemment à quel point cela leur sera douloureux, maintenant plus tard, regrets ou remords. Nul n'échappe à la règle. Une nature opposé pour punir les hommes, un désir du mal pour blesser, et un cœur pour souffrir, sans oublier une conscience pour s'en repentir. Avarice et paresse, orgueil et colère, luxure et gourmandise, sans oublier l'envie. Sept péchés décrété par une église trompeuse. Pourtant sept péchés pour sept anneaux, pour sept flammes. Étrange coïncidence, que cet attrait par l'homme et sa nature, qui les pousse vers ce chiffre. Curieux, en effet, mais ce qui l'intriguait plus, à cet instant, c'était ce son et cette odeur. Yoinu venait de sortir de sa torpeur, cette sensation intense, maintenant que l'illusionniste y pensait, il n'avait pas pris le temps de prendre un petit-déjeuner ce matin-là. Son estomac hurlait pour réclamer son dû, ce petit ingrat qui ne savait pas que beaucoup de gens honnêtes ne pouvaient se nourrir assez pour rassasier leur faim. Triste injustice de ce monde.


Injuste justice, que louent les hommes impurs,
Sales déchets, horribles choses, immondes ordures,
Magnifiques trahisons, superbes parjures,
Qui font que notre montre s'écroule, en sature.

Juste contempler un monde en train de pourrir,
Sans plus rien à perdre, sans plus rien à chérir,
Et, pour ne plus regarder, pour ne plus souffrir,
Être prêt à mourir, ne jamais plus souffrir.

En ce monde, jamais rien n'est aléatoire,
Que ce soit les avances autant que les retards,
Sans le désespoir, il n'existe pas d'espoir.

Et toutes ses guerres qui saccage la Terre,
Un jour ou l'autre, tout homme voit un Cerbère,
Alors apparaissent les portes de l'Enfer.


Et va, et vient, le temps des rires et des sourires s'estompent pour les pleurs et la douleur. Pour chaque gain, il faut un sacrifice, chacun en fait l'expérience, et celui qui ne l'a pas, ne vit pas. On ne peut prétendre avoir vécu, que lorsque l'on a connu le bien et le mal, le malheur et le bonheur, les rires et les pleurs. A cet instant, les larmes montaient irrémédiablement aux yeux du jeune garçon. Ce parfum, arôme nostalgique de sa petite enfance, avec ceux qu'il avait quitté pour son profit personnel. Sa « famille ». Combien de temps comptait-il rester un fardeau? Combien d'années allait-il encore patienter? Combien de larmes allait-il devoir regarder? Et les siennes, qu'en faisait-il? Qu'en pensait-il? Oui, elles coulaient, tristement le long de ses joues. Impuissance.

Yoinu continuait sa marche, implacablement, inlassablement, perpétuellement, un pied devant l'autre, une respiration après l'autre. Tout s'enchaînait, tout s'entremêlait. Toucher à quelque chose en espérant que cela puisse rester isoler, quelle folie. Enfin, enfin il voyait clair. Toutes ces personnes corrompues jusqu'à la moelle, elles avaient une chance. Une chance de vivre, et par-là, d'en connaître les joies. Comme les plus dures épreuves. Tout pouvait arriver, il suffisait pour cela d'y croire, et les plus beaux miracles pouvaient se produire. Y croire... l'espérer. Tant de choses se produisaient, chaque jour. Comment prévoir un événement? Impossible, tout naturellement. C'est justement pour ça que l'homme continue à marcher, car il peut croire en l'avenir, et lui drainer toute la vie qu'il contient.

L'illusionniste s'arrêta un instant, au bord d'une pelouse d'un magnifique vert que seule la nature savait faire, avec tous les soins de l'homme pour la soutenir. Oui, malgré sa nature, l'homme pouvait créer des choses magnifiques. Attendrissante poésie, surprenante harmonie. Peut-être la nature et l'homme, au fond, ne sont ni bons ni mauvais. Peut-être le bien et le mal ne sont que deux illusions, et qu'il n'existe qu'un unique ensemble. Mais après tout, on s'en fichait. Du moins Yoinu s'en fichait. Sa réalité, ou les illusions dans lesquelles il se berçait chaque nuit de sa vie, rien n'importait. Ses illusions pouvaient même atteindre la réalité désormais. A quoi bon se soucier de sa vraie nature quand on peut façonner à son idée, à son image? Maintenant, le prestidigitateur avait assez de dextérité, et il ne lui restait plus qu'à contrôler sa nouvelle acquisition.

Sa passion pour son art de la dissimulation n'avait d'égal que sa volonté de tromper. Car tromper pour rendre heureux, pour lui n'était pas un péché. Allongé dans cette herbe, prenante fraîcheur, il se détendait. Appréciant comme il pouvait ce nouveau point de vue. L'impression que quelque chose avait changé le prenait. Ce dernier sentait des choses différentes, en entendait d'autres, maintenant qu'il se trouvait à terre. Illusion? Certes non. Jamais l'escamoteur ne se laisserait si facilement abuser. Sa vue devenait perçante. Il pouvait sentir à présent, à terre, dans cette armistice, le mafioso acceptait son être. Le sol semblait dur, mais il se sentait comme sur un nuage, sur un tas de plumes, douceurs et légèreté. Sa seule certitude : il était bien. Le jeune homme serait bien resté comme ça toute la journée, allongé, au seul regard du vent, au-dessus de lui tous les feuillages et le ciel de son bleu azur qui s'éclaircissait à mesure que le soleil dominait dans les Cieux. Cependant, son estomac ne comptait pas le laisser faire. Avec un mélange de lassitude et d'amusement, il se releva. Regardant autour de lui, les gens défilaient, vie quotidienne, disputes anodines. Cela avait trop peu d'importance. Un jour, tous souriraient de ces disputes, futiles, coquines, stupide.

Enfin levé, Yoinu commença à se poser la fatidique question : Où allait-il manger? Bien beau, ce désir de céder à son corps et ses besoins, il n'empêche que cela ne lui arrivait pas souvent de sortir pour prendre son petit-déjeuner. L'adolescent n'avait plus qu'à errer dans les rues, à la recherche d'un délicieux repas, qui répandrait son odeur dans la rue, pour affamer et attirer les passant. Il déambula, une, deux, trois rues, et il continuait. Se moquant éperdument du temps perdu. Aujourd'hui, il n'aurait rien à faire d'important, tranquille, celui-ci pouvait se balader, simplement. Ce jour-là, on attendait de lui qu'il s'améliore. Certes, il le ferait, mais pas à cet instant. Trop fatiguant, et trop de sensations à la fois risquaient de le déstabiliser.

Pendant ce périple, il passa à côté d'un parc de jeux, où déjà très tôt, des enfants s'amusaient et riaient aux éclats, jouant aux apprentis sorciers, ou aux chevaliers. Yoinu ne put s'empêcher de s'arrêter un instant pour les regarder. Ils avaient quoi, sept ans? La moitié de son âge. Aussi loin que sa mémoire remontait, aucun souvenir de jeux d'enfants aussi stupides. Et pourtant, il restait là, amusé, presque fasciné. Sautant, hurlant, tombant, simulant, un véritable petit théâtre enfantin. Le jeune mafieux en avait rêvé, lui aussi, de cette vie jeune, de rires et sourires, où l'on ne fait que s'amuser, sans avoir rien pour nous chagriner. Peut-être quelques devoirs à la sortie de l'école, mais rien de bien méchant, ni d'insurmontable. La preuve en était cet innocent ébahissement devant une vie si frêle. A cet instant, Yoinu ressentait exactement ce que ces enfants ressentaient. Étrange communication entre le spectateur et l'acteur, perturbante communion, et par là, si peu rassurante. Et pourtant, tous se sentaient si puissant, si intouchable, si énergique.

Sécurité, confiance, étrange passion,
Tout être, avec un autre est en communion,
Pas un homme ne peut hurler : Abandon!
Car chacun a droit à au moins un pardon.

Ensemble, nous hurlons, extériorisons,
La rage, par laquelle nous détruisons,
Dieu nous a donné vie à la condition,
Où chacun de nos actes est humiliation.

Pour montrer et pour accepter ses faiblesses,
Et éviter que la nature le délaisse,
Le désir de l'homme est qu'après il Renaisse.

Chacun peut ressentir les grandes folies,
Plongé sans retour dans la Mélancolie
Les violons jouent, berçant de leur mélodie.

Yoinu détacha son regard de cette jeunesse, tournant le dos à ce bonheur : Un sourire pour un larme, telle est la règle, il n'y a pas d'exception. Son tour avait passé, il devait maintenant l'accepter et reprendre le chemin long et sinueux de la vie.
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